Ce programme est préparé au cours de l'année 2015/2016 et présenté au cours de concerts en 2016.

Fauré Requiem

Programme :

Dynam-Victor Fumet (1867-1949) : Prélude en mi bémol mineur pour orgue

Joseph-Guy Ropartz (1864-1955) : Salve Regina

Dynam-Victor Fumet : Messe mariale (Kyrie, Gloria in excelsis, Sanctus, Benedictus, Agnus)


Joseph-Guy Ropartz : Introduction et Allegro Moderato en ré mineur (1917) pour orgue

Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem opus 48 (1893) (Introit et kyrie, Offertorium, Sanctus, Pie Jesu, Agnus Dei, Libera me, in paradisum)

Durée : 1 heure 10 environ


En quelques mots…
« Mon Requiem… On a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ».
Fidèle à son projet artistique de mises en miroir – soit à travers les époques soit entre œuvres et compositeurs connus et inconnus ou moins connus, Ica Onna fera découvrir ou redécouvrir deux compositeurs français de la même époque que Fauré : Joseph-Guy Ropartz et Victor-Dynam Fumet. Il reste encore beaucoup à faire pour rendre leur juste place à de nombreux compositeurs français. Les œuvres chantées ce soir démontreront que de magnifiques pages de musique écrites sont encore trop peu jouées de nos jours.

Les chanteurs
Soprani : Lucie Rancillac, Amélie Poirier, Delphine Vasset, Anne-Laure Boussuge 
Alti : Annick Condaminet, Sylvie Grupe, Florence Dejaune, Jacqueline Chaux
Ténors : Philippe Allée, Francis Colas-Adler, Alain Rigaut, Gilles Cornu
Basses : Christian Thomassin, Olivier Payen, Marc Bellot, Gérard Picard

Professeur de technique vocale : Branislav Rakic
Pianiste accompagnatrice : Anne Makarenko
Grand orgue : Paul Parsons
Direction musicale : Bruno Rastier

Joseph-Guy Ropartz est un compositeur breton qui étudie la composition à Paris avec Dubois, Massenet et César Franck, dirige les conservatoires et orchestres de Nancy et Strasbourg mais reste celtique dans l'âme. Il évoque dans ses textes « korrigans, fées, enchanteurs en forêt de Brocéliande » ou « âmes des morts au dessus des eaux de la baie des Trépassés ».

« La pensée de Ropartz a une triple source: la Bretagne, la mer, la foi religieuse. Rarement grand artiste incarna de façon plus intense l'âme de sa terre et de sa race. Toute une partie de ce qu'il a écrit pourrait porter en épigraphe le beau vers de Francis James: "Tout est vain qui n'est pas le grand calme de Dieu". » Louis Kornprobst


Etudiant la musique dans sa ville natale de Toulouse puis à Paris l'orgue avec César Franck et la composition avec Ernest Guiraud, Victor Fumet gagne de ses camarades le surnom « Dynam », probablement à cause de son dynamisme dans sa manière de jouer ainsi que sa façon d’être dans la vie. Ratant le Prix de Rome à cause de ses tendances anarchistes, il s'adonnera ensuite au spiritisme (c'était un médium réputé) et aux sciences occultes des kabbalistes chrétiens, côtoiera Verlaine et la Société Théosophique.

« L’œuvre de Dynam-Victor Fumet porte en elle toutes les ambiguïtés, les paradoxes qui caractérisent les isolés, ces indépendants dont le mépris des modes et la sincérité assurent l’originalité hors du temps. Elle échappe volontairement aux formes classiques. Fumet, en effet, pour la plupart du temps, invente sa forme. Issu de l’incomparable école franquiste à laquelle il doit son habileté dans le maniement des formes et surtout à la modulation continue, il dispose d’une harmonie très personnelle, d’une rythmique et d’une mélodie fort subtile qui se distinguent pourtant des grands courants d’avant et d’après guerre. » Wikipedia



Après ses neuf premières années ariégeoises, Gabriel Fauré se forme à Paris à l'école Niedermeyer auprès de Gustave Lefèvre et de Camille Saint Saëns. Titulaire du grand orgue de l'Eglise de la Madeleine, il enseigne la composition au Conservatoire de Paris et en devient le directeur.

Les œuvres de Fauré se distinguent par la finesse de leur mélodie ainsi que par l’équilibre de leur composition. Son langage harmonique reste de nos jours étudié dans les conservatoires. C’est un style d’écriture à part entière, présentant de nombreuses idées originales. Si Gabriel Fauré est reconnu pour son génie harmonique, il est en outre considéré comme le maître de la mélodie française.


Son Cantique de Jean Racine est probablement sa pièce vocale la plus connue. Néanmoins, c'est bien son Requiem qui est considéré comme une de ses œuvres les plus abouties, alors que lui-même en parle avec une certaine dérision : « Mon Requiem a été composé pour rien… pour le plaisir, si j’ose dire ! Il a été exécuté pour la première fois à la Madeleine, à l’occasion des obsèques d’un paroissien quelconque ». Il ajoute : « peut-être ai-je aussi, d’instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête. J’ai voulu faire autre chose ».

Cette version initiale temporaire et fragmentaire de 1888 se verra amplifiée et remaniée, donnant la première version « complète » de 1893 en formation instrumentale de chambre, puis, plus tard sur la demande de son éditeur Hamelle, celle de 1900 avec grand orchestre.

Du point de vue de la composition musicale, la simplicité et la modestie de cette œuvre célèbre ont marqué le renouveau de la musique religieuse en France, inspirant tout au long du XXe siècle les compositeurs français, à l'exemple des Requiem de Joseph-Guy Ropartz (1938) et de Maurice Duruflé (1947), fondés sur la même structure liturgique et d'inspiration musicale voisine.