Dimanche 7 juin, 16h - PONTIGNY, Abbatiale
Samedi 4 juillet, 20h - AUXERRE, Église Saint-Eusèbe
Dimanche 5 juillet, 17h - SENS, Cathédrale Saint-Étienne
Samedi 19 septembre, 17h - SEMUR-EN-AUXOIS,
Dimanche 20 septembre, 15h - SAINPUITS, Église Sainte-Madeleine. Concert au profit des travaux de Notre-Dame-de-Lorette.
À l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance de Giovanni Pierluigi da Palestrina, l’ensemble vocal Ica Onna rend hommage à cet illustre figure de l’histoire de la musique en interprétant une sélection des pages les plus représentatives de son œuvre immense.
Né autour de 1525-1526 à Palestrina (Preneste), près de Rome, Giovanni accomplit comme beaucoup de musiciens de son temps sa formation musicale en tant qu’enfant de chœur, puis chanteur, enfin maître de chapelle et organiste (basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome).
Remarqué par le Pape Jules III, il devient le directeur de la maîtrise de la chapelle Giulia de Saint-Pierre de Rome, puis confirmé par son successeur Marcel II, qui le fait entrer vers 1555 dans le cercle très prisé des chantres de la chapelle Sixtine.
Ce dernier souverain pontife, malgré son mandat extrêmement bref, a souhaité une réforme de la musique d’Eglise, en instaurant une sorte de modèle d’écriture : équilibre, mesure, respect et clarté du texte sacré latin, en réaction à certaines audaces musicales (utilisation de mélodies profanes, complications, ornementations…) considérées comme des « dérives » et entraves à la prière. C’est à Palestrina qu’est revenue cette mise en œuvre, en suivant les préceptes du Concile de Trente allant dans ce sens, qui s’est tenu à plusieurs reprises entre 1545 et 1563.
Le génie de Palestrina, associé à sa profonde piété, va construire une œuvre majestueuse, intense, presque exclusivement dédiée au sacré, avec une grande diversité de formes (messes, motets, hymnes, antiennes, psaumes, lamentations…) et de constructions vocales (de 3 à 8 voix, et même 12 voix).
Sans être réellement novateur, il va porter au plus haut point d’achèvement le style polyphonique des grands maîtres franco-flamands des générations précédentes, et pratiquer l’art du contrepoint avec une souplesse d’écriture élégante et aérienne. Dans cet art, les voix superposées chantent leur propre mélodie ; il n’y a pas de voix privilégiée, elles sont indépendantes les unes des autres et s’entrelacent délicatement et naturellement. Les mots latins et les motifs mélodiques se répondent, créant un édifice vocal d’une indescriptible beauté, apaisant tourbillon, douce harmonie envoûtante nous plongeant dans une contemplation sonore et spirituelle méditative.
Palestrina consacre également une partie de son œuvre musicale à des textes profanes (madrigaux, canzonnettes), avec la même exigence, un équilibre subtil entre contrepoint et moments où les voix semblent déclamer le poème. Nous proposons lors de ce programme une interprétation de quelques-unes de ces pièces magnifiques parmi d’autres chefs-d’œuvre de ce genre.
La souplesse et la richesse mélodique du style de Palestrina, l’osmose absolue du Verbe et de la Voix, héritages lointains du chant grégorien fondateur, feront de son œuvre entière le sommet musical de la Renaissance et une des plus puissantes créations humaines. Elle sera la source d’inspiration de grands compositeurs à venir de l’histoire de la musique : Victoria, le jeune Monteverdi, William Byrd, J.S. Bach, Haendel... puis Mozart, Haydn, F. Mendelssohn, C. Gounod, J. Brahms, Brückner, Josef Rheinberger, les organistes des XIXe et XXe siècles, et plus proches de nous, A. Honegger, I. Stravinsky, F. Poulenc… pour ne citer qu’eux.
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